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Je m’appelle Irene Chamorro Guindel. Je suis née à Bruxelles. Je suis espagnole en Belgique et belge en Espagne.

Je vis dans un milieu francophone mais parle espagnol avec mes plus proches. Je suis des cours en français puis regarde chez moi des émissions espagnoles. Je mange à midi pendant la semaine, et à 14h le week-end. Je fais une sieste tous les jours que je peux. Je danse du flamenco sur du Brel, je trempe mes spéculoos dans la sangria. Je fais des blagues très différentes selon la langue que je parle.

Quand je suis à Madrid et que, par miracle, il commence à pleuvoir, c’est comme si une vieille amie m’appelait pour me donner de ses nouvelles. Quand je suis à Bruxelles et que, coup de chance, les nuages disparaissent et que le soleil se montre, c’est mon meilleur pote qui a pris l’avion pour me rendre visite.

Je jure en espagnol, joder.

J’apprends du français à mes amis espagnols, et de l’espagnol aux francophones. Un jour, nous dominerons le monde.

Je cherche encore un endroit où je pourrais boire des leffes et manger du jamón serrano, accompagner des frites avec du Rioja. Je l’inventerai dans l’avenir.

Il parait qu’en Belgique, je suis très tactile avec les gens lorsque je leur parle, j’arrive systématiquement en retard et je m’énerve et crie facilement. Je viens du pays des vacances, de la fête et des toros, et on me sort au moins un « olé » ou un « vamos a la playa » toutes les semaines.

En Espagne, ma blancheur de peau est maladive mais je parle la langue la plus sexy au monde ; on me reproche de ne pas être suffisamment affectueuse, et, bien sûr, j’arrive toujours bien avant les autres au rendez-vous. Je viens de ce pays obscur et pluvieux que personne ne comprend pour apporter des chocolats et faire l’éloge des meilleures bières du monde.

Et puis, je fais du théâtre. Peu importe la langue, peu importe le lieu, peu importe l’entourage.

Quand je joue, je ne suis plus espagnole, je ne suis belge. Je suis juste moi-même. Irene.