Les Projets

- "Enlève tes lunettes et écoute comme ça sent bon"

Projet de la dépendance et de l'amour

projet de la dependance et de l'amour tob 2015

Projet de la dépendance et de l'amour - Festival TOB 2015 - ULB – Crédit photo : Camille Ronti

Une proposition de Lisa Cogniaux, coécrite avec Irene Chamorro, Lola Chuniaud, Carla Gillespie et Sophie Jallet

Le projet de la dépendance et de l'amour s'est joué les 17 et 18 mars 2015 au cours d'un festival de théâtre étudiant à Bruxelles.

Note d'intention


Je voulais parler de l'amour. Non, pas vraiment de l'amour. Je voulais parler de l'absence et du manque ; je voulais parler du besoin.
Je voulais parler de ces moments où plus rien n'existe que la douleur, ou que la joie, et des pics d'adrénaline qui nous font quitter la terre. Et de ces moments où on s'ennuie, sans toute cette adrénaline, où on attend, malgré soi.
Je voulais apprendre à me libérer. À nous libérer, peut-être ?
Est-ce possible d'aimer sans se perdre, et surtout : quand cesserons-nous d'attendre ?
Tout est parti de la chanson de Françoise Hardy, le premier bon- heur du jour : «Le premier chagrin du jour, c'est la porte qui se ferme, la voiture qui s'en va, le silence qui s'installe/ Mais bien vite tu reviens, et ma vie reprend son cours... » ... La jolie voix, douce et féminine, nous chante ce qui semble être une charmante ballade amoureuse. Mais est-ce encore de l'amour, quand la vie s'arrête en l'absence de l'autre ? Qu'est-ce que cette chanson touche en moi, pourquoi semble-t-elle si normale, alors que son message est si violent ?
D'autres chansons font échos à cette sensation, d'autres textes, aussi. Pêle-mêle : Virus, de Bjork, Love the way you lie, d'Eminem et de Rihanna, Feux de Marguerite Yourcenar, Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes, Belle du Seigneur, d'Albert Cohen, les lieders de Schubert, le monologue du balcon de Cyrano d'Edmond Rostand...

J'ai demandé à quatre amiesde créer avec moi la matière théâtrale : quatre filles, quatre femmes que j'admire, que j'ai trouvé fragiles et fortes à la fois. Qui, je pense, ont beaucoup à dire sur le sujet. J'ai voulu que ce soit des filles parce que, historiquement, les femmes ont plus souvent été enfermées dans le rôle de celle qui attend. De la Belle au bois dormant à la princesse Leïa, de Guenièvre à la femme rompue de Simone De Beauvoir, elles ont été choisies, puis, parfois, abandonnées. Elles ont elles-mêmes peu choisi, comme elles ont peu terrassé de dragons et les exemptions notables se sont mal finies – pensons à Carmen ou à Esmeralda. Je voulais leur donner la parole pour défaire l'absence, le silence ou le vide. Pour que l'action nous recrée plus vivantes et plus présentes. Plus subjectives, aussi, et moins enfermées dans les images préfabriquées de l'Amoureuse. Pour se souvenir qu'il y a plus en nous qu'un destin de moitié.

Les │ÇN│

Poulpes au regard de toi...

Jetant leur art vers les curieux,
Ventousés où qu'ils se promènent
Et avides de merveilleux
Ces monstres, ce sont les çn